Les exagérations de Farouk Ksentini
« Le gouvernement algérien a le droit d’interdire les marches et il ne faut pas avoir honte »
M. Farouk Ksentini, le gouvernement n’a pas interdit que les marches à Alger. Ce gouvernement que vous défendez bec et ongles depuis votre fauteuil de président de la « commission de je ne sais quoi», a interdit jusqu’à notre existence de citoyen entier. Ce gouvernement a confisqué tous les droits des algériens sans modération aucune et s’est accaparé de toutes les richesses du pays par le procédé de la rapine et la corruption. Ce gouvernement qui a avili tout un peuple est voué aux gémonies, il est déjà aux abois juste pour avoir mobilisé 30.000 policiers pour la répression des marcheurs d’une manifestation pacifique, par laquelle les citoyens réclament des droits élémentaires reconnus par la Constitution. D’ailleurs, les initiateurs de la marche, se sont avérés trop timides pour en revendiquer qu’un strict minimum au lieu de demander le départ pur et simple de tous les éléments du système qui a confisqué l’indépendance des algériens depuis 1962, et à leur tête le président de la république.
M. Farouk Ksentini, vous qui dites que : « les marches n’ont réglé aucun problème », êtes-vous conscient de cette déclaration ? Êtes-vous aveugle sur tout ce qui se passe dans le Monde arabe ? Reste-t-il en Algérie des espaces qui permettraient aux algériens de s’exprimer librement à part la rue ? Non Monsieur Farouk, votre langage ne tient pas debout ! Ce langage qui va dans le sens que veut le pouvoir clientéliste n’est plus d’actualité. Résignez-vous à accepter la réalité telle qu’elle est, et soyez honnête d’abord avec votre conscience d’intellectuel et ensuite avec cette réalité pertinente. Sachez M. Ksentini que les pays occidentaux et à leur tête les Etats Unis d’Amérique ont déjà commencé à revoir leur politique vis-à-vis des pays arabes. Pour vous rafraichir la mémoire, l’Algérie avait fait sa Révolution poste-indépendance en Octobre 88, malheureusement, comme l’Indépendance, cette Révolution a été encore une fois confisqué par les éternels opportunistes du régime. Cette Révolution a été faite bien entendu, dans la « rue » et c’est grâce à elle que nous avons respiré une brise de liberté d’opinion. A mon avis, nous ne sommes plus à l’ère des étroites revendications du genre œsophagique, mais à l’ère des grands changements, et l’Algérie ne pourrait faire l’exception en risquant de demeurer telle qu’elle est, sous la coupe d’un régime dépassé par les évènements. Tunisie, Egypte, Yémen, Algérie, Syrie, Jordanie, Maroc sont dans le même panier. Les deux premiers pays ont fait leur mue. A qui le tour ? Le futur proche nous le dira bientôt.