ENTV : Révolution, réforme ou simple replâtrage ?
D’après les informations qui se colportent ça et là sur les pages de notre presse nationale, bientôt il y aurait une amélioration des programmes de l’Unique, particulièrement le contenu du JT de 20 heures dans lequel on voudrait bien rajouter un peu de piquant. C’est une initiative fort louable, d’autant plus, qu’elle émane de la plus haute autorité du pays qui n’est autre que le Président de la République, qui a instruit son ministre de l’information pour faire un dépoussiérage et ouvrir une fenêtre salvatrice.
Cependant, peut-on changer du jour au lendemain une stratégie de communication qui a vieillie avec le système politique en place depuis l’indépendance du pays ? Peut-on espérer un changement de stratégie de communication dans le média lourd, sans toucher l’élément humain habitué à ne prendre aucune initiative en dehors de celles que dicte le gouvernement?
L’entreprise de changement est trop délicate pour espérer subitement une mise à niveau satisfaisante, mais il est fort possible qu’après avoir constaté et considéré l’ampleur des dégâts occasionnés par la langue de bois, le premier magistrat du pays s’est empressé d’agir, afin de sauver la maison, quitte à changer les meubles et les anciens décors. Forcément donc, si on veut aller vers une révolution de l’ENTV, il faut d’abord opérer des changements au niveau de l’encadrement de cette entité stratégique. Seule une nouvelle Equipe de Direction animée par les bienfaits du changement, pourrait être à la hauteur d’instaurer des réformes profondes et productives.
L’ENTV étant un organisme de services publics, les décideurs devront donc le remettre en rail par l’élaboration d’un cahier de charge plus ouvert qui tolèrerait tous les thèmes qui composent le champ médiatique avec bien sûr, la restriction de ne pas porter atteinte aux fondements de l’Etat Algérien par quelque motif que ce soit. Dans un premier temps, il y a lieu de populariser la télévision nationale afin de rendre le citoyen acteur et consommateur de l’art et de l’information. Par la suite, il y a lieu d’innover en matière de programmation, particulièrement les émissions qui ont beaucoup d’impact sur la vie du citoyen. Il faut éviter surtout de montrer le moindre déplacement de nos honorables ministres avec leur lot d’inauguration peu évidentes et leur façon arrogante de communication avec les cadres du terrain. Il faut informer de l’essentiel et non de l’accessoire. La couleur du costume que portait le ministre durant son déplacement n’est pas une information, mais un leurre ; par contre, le retard quantifié occasionné quand aux délais de réalisation d’un projet, et les surcoûts évalués que ce retard a engendrés relèvent du domaine de la vraie information.
De grâce ! Evitez-nous le replâtrage et touchez le fond du problème, c’est dans le fond que se trouve la vraie crasse.