ENTV - La propagande et le mensonge mènent au discrédit
La sortie inhabituelle de M. Nacer Mahel, Ministre de l’information, recommandant à l’ENTV de s’excuser auprès des téléspectateurs pour ses mauvaises prestations est intrigante pour deux raisons. La première raison qui exhorte à ne pas le croire est celle qu’il soit un homme du sérail qui était à la tête de l’hermétique APS, agence de presse dévouée et dévolue à ne véhiculer que le langage du gouvernement, qu’il soit officiel, officieux ou de pure propagande. En homme avisé, il était donc au fait de la manière avec laquelle le gouvernement communiquait avec le peuple. La seconde raison, et elle n’est pas des moindre, est que l’ENTV fonctionne selon un cahier de charge qui lui est imposé par le gouvernement dont elle est sensée défendre. On peut déduire donc que l’ENTV n’est pas un instrument au service du peuple, mais plutôt la chasse gardée du Pouvoir qui en a fait de celle-ci un média de propagande. Ainsi, il est donc apparent qu’il n’est pas dévolu au seul ministre du secteur d’en faire des modifications de fond en matière de programmes et d'informations diffusés par le média le plus sensible du pays.
A travers sa sortie médiatique, il est probable que le ministre voulait transmettre un message codé à la population, car il sait pertinemment que les algériens ne regardent plus l’ENTV et qu’ils sont branchés ailleurs en quête d’informations crédibles sur leur pays. Le visage de l’ENTV a été volontairement dénaturé par le pouvoir, au point où il est arrivé à ne refléter que de l’irrespect envers le téléspectateur algérien. Ayant donc fait un constat amer dès son arrivée à ce département sensible du gouvernement, le ministre a probablement était mis dans l’obligation par ses supérieurs hiérarchiques pour trouver une issue de sortie honorable qui redonnerait du crédit au langage véhiculé par ceux qui décident dans ce pays.
Or, ce n’est pas par une simple critique objective que le ministre redonnerait du jour au lendemain, du cran aux responsables de l’ENTV, qui ne sont en fait qu’un personnel d’exécution au service d’un programme tracé dans le cahier de charges et comportant certainement beaucoup de lignes rouges à ne pas franchir. Si le gouvernement prône un quelconque changement, il faut cependant beaucoup de courage aux décideurs pour changer les habitudes en cours qui ruinent l’éthique des sciences de l’information. Si l’Etat est disposé à recouvrer la confiance perdue, qu’il fasse une ouverture franche et honnête de l’ENTV en permettant la diffusion des affaires de corruption, de malversation et de dilapidation des deniers publics, ainsi que l’organisation de débats scientifiques, politiques, historiques et culturels. Que l’ENTV donne le son et l’image à l’opposition politique pour communiquer avec le peuple. C’est dans ces seules conditions que l’ENTV retrouverait son audimat, et l’Etat sa crédibilité auprès des citoyens.