BOUMERDÈS - Massacre à Abdous (Zemmouri)

Publié le par B. Amar

carrière de tuf privée                 

Dès lors que les scandales n’ont pas épargné le secteur des hydrocarbures et des mines, il paraît utile d’ouvrir un débat national pour clarifier les procédures avec lesquelles sont attribués les titres miniers du domaine public de l’Etat. Un peu partout en Algérie des carrières de tuf sont attribuées d’une manière opaque au détriment des règles environnementales, sans aucune enquête commodo incommodo, comme le recommande la bienséance.
Par le biais de cette modeste contribution, les autorités de la wilaya de Boumerdès, particulièrement la Direction de l’environnement, sont interpellées pour diligenter une enquête sérieuse sur l’exploitation de la carrière de tuf située à la forêt Abdous, dans la commune de Zemmouri. L’exploitation anarchique de cette carrière a causé des dégâts irréparables à ce lieu, jadis classé site forestier boisé, dont le relief esthétique donnait beaucoup de charme à cet endroit. Le projet initial du bénéficiaire de ce site était la mise en valeur des terres dans le cadre agricole d’une superficie de quelques hectares qui devaient être plantés d’arbres fruitiers. Après un décapage par bulldozers, — peut-être sur le budget de l’Etat — des arbres fruitiers ont été plantés, par la suite abandonnés sciemment pour que la poussée des végétaux ne réussisse pas. Il est évident qu’après analyse des terres, le bénéficiaire, qui a certainement le flaire pour les bonnes affaires, a d’ores et déjà entamé d’autres procédures pour détourner le projet de sa vocation initiale. Si nous prenons en considération les montants financiers faramineux que génère un tel projet, on ne peut que conclure que le bénéficiaire n’a pas agi en solitaire et que certainement, quelque part, il y a complicité. En l’absence d’éléments concrets, la reconstitution de la genèse de cette affaire cousue de fil blanc s’avère difficile, mais le constat actuel est visiblement criand car le site, déjà défiguré, est devenu miteux et désagréable dans le sens esthétique. Dans le domaine scientifique, le soin est laissé aux géologues de déterminer avec exactitude les dommages causés à l’environnement et qui peuvent s’avérer graves et dangereux, en raison du classement sismique de la région. Depuis l’exploitation de cette carrière, l’ensemble de la région souffre de dommages collatéraux, particulièrement les agriculteurs riverains, auxquels s’ajoute le risque permanent engendré par des centaines de camions roulant à vive allure sur le tronçon vétuste de la RN 24 Zemmouri-Si Mustapha. Il est temps, si ce n’est déjà trop tard, de tirer la sonnette d’alarme pour arrêter cette agression flagrante de l’environnement qui interpelle les bonnes consciences à ne pas demeurer passives. Cet acte n’est qu’un geste citoyen qui pourrait éviter la dégradation de notre environnement si les autorités en charge de la République consentent à le prendre en considération.
B. Amar

 

Source:http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/02/18/article.php?sid=95900&cid=34

 

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