Le Muezzin au secours du coureur de jupons !
Il y a certains comportements qui ne laissent pas indifférent le commun des mortels, surtout lorsque la scène se déroule dans la rue ou dans un lieu public. Il était 15h 15 mn ce jeudi 11 novembre lorsque je franchis le seuil d’une pizzeria à la quête de me mettre quelque chose sous la dent, car n’ayant pas eu le temps de déjeuner au moment voulu. Cependant, et dès le lancement de la commande au chef, le grand miroir pendu sur la paroi intérieure me refléta une scène de drague digne d’une course-poursuite. C’est pratiquement à ce moment de l’après midi que les établissements scolaires commencent à libérer les élèves, et bien entendu les enseignants dont la majorité est composée de la gente féminine ; ces femmes chanceuses qui sont arrivées à échapper au cloisonnement d’entre les quatre murs. Mais comme toute liberté a un prix, il s’avèrera difficile et même dangereux à ces femmes de braver la rue en solitaire à la sortie de leur lieu de travail, car sur le chemin qui les conduit chez elles, elles rencontrent souvent des énergumènes auxquels elles doivent faire face dans la réalité.
La dame impeccablement habillée tenait un cartable à la main et marchait d’une allure naturelle sans souci aucun, elle se dirigeait certainement vers son domicile après une journée de labeur bien remplie. L’homme, la cinquantaine passée, suivait l’adorable créature au pas, tout en faisant semblant de ne pas s’intéresser à elle. Par malchance pour lui et par chance pour elle, il s’est retrouvé retenu un court instant par une de ses connaissances pour l’échange de quelques mots. Ne pouvant pas se libérer le plutôt possible de son interlocuteur, il s’est mis à suivre du regard sa proie qui lui prenait de la distance, avec le sentiment profond de ne pas la perdre de vue. A l’instant où il retrouva sa liberté, il se met à courir pour rattraper la distance perdue, et en un clin d’œil il se retrouva derrière la femme qui le faisait tant languir. Catastrophe ! L’honorable dame s’aperçoit du manège et entra brusquement dans le magasin d’habillement juste devant elle, laissant ainsi son suiveur, - homme de paille crédule - éberlué, planté un bref instant comme un haut palmier. Ne sachant quoi faire, il panique un certain moment avant que le muezzin appelle à la prière du « aasr » et le délivre de cette humiliation ; il se met subitement à presser le pas vers la mosquée faisant semblant de courir pour arriver parmi les premiers fidèles qui occuperont le premier rang derrière l’Imam. Drôle de société que nous sommes !