La révolution est un match sans mi-temps

Publié le par B. Amar

Comment et pourquoi préparer une révolte légitime ? D’abord, il faut se mettre dans la tête qu’il est inadmissible de demander une autorisation au pouvoir pour se révolter contre lui. Comment voulez-vous qu’un pouvoir qui vous opprime aurait l’outrecuidance de vous autoriser à occuper la rue pour lui dire « DEGAGE » on ne veut plus de toi ? On n’arrivera au stade de la révolte que lorsque toutes les voix du dialogue seront épuisées. A ce moment là, on n’a pas besoin d’autorisation pour se révolter contre un pouvoir qui ne reconnait pas les droits de ses administrés. Sommes-nous au stade de la révolte ? Pour certains, oui,  mais pour d’autres, non. Les opprimés et les laissés pour compte ont hâte d’en finir avec ce système dans lequel ils ne se retrouvent pas, car marginalisés comme ils le sont, ils n’ont plus d’autres alternatives qui puissent leur donner au moins un espoir futur.  Les partis politiques d’obédience démocratique chevauchent en solitaires, et chacun d’eux persiste dans son aveuglement à vouloir prendre le pouvoir sur le dos des masses populaire, sans programme visible. Les partis de la coalition sont soudés autour d’un minimum politique dont le seul objectif est de faire perdurer le statu quo indéfiniment comme l’état d’urgence. Il ne reste donc que la société civile et l’élite intellectuelle qui puissent encadrer une révolte populaire digne de nom, comme celle de la Tunisie, appelée «Révolution du jasmin». Mais pour couper sec l’herbe sous nos pieds, les dignes représentants  du s’système avaient  commencé tôt à s’agiter, en déclarant à tût tête que l’Algérie n’est pas la Tunisie ! Bien entendu sans n’avoir donné aucune explication !

Dans ce climat de doute, il  y a donc de quoi être pessimiste et optimiste en même temps. On est optimiste parce que pour le moment les masses populaires ne font qu’observer une réalité qui ne va pas dans le sens de  leurs intérêts. Arrivera le jour « J » - c’est certain -  et toutes ces masses pleines d’énergie n’en feront de ce pouvoir qu’une seule bouchée. Mais aussi  on est en droit d’être pessimiste, et c’est malheureux pour l’Algérie, parce que le pouvoir actuel  a beaucoup d’argent, et avec, il est capable d’acheter le silence des opposants, celui des meneurs de la société civile, et porter un coup dur à l’honnêteté intellectuelle de notre élite culturelle.  Il est a se demander pourquoi  Maître Ali Yahia Abdennour, militant des droits de l’homme, et de surcroit juriste chevronné, quémande une autorisation pour marcher dans les rues d’Alger, alors qu’il y a à peine une semaine la marche initiée par le RCD a été interdite et réprimée abusivement. C’est le moment de choisir son camp, car il n y a plus de place aux balbutiements qui noient le poisson dans l’eau.

 

 

 

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