La culture de l’interdit

Publié le par B. Amar

Le Wali d’Alger a réservé comme attendu, un niet catégorique à la demande d’autorisation de la marche prévue le 12 février prochain, à l’initiative des courants démocratiques. Cependant, et  en toute courtoisie, le Wali d’Alger propose aux organisateurs de la marche, de tenir leur manifestation dans l’une des salles de la Capitale, y compris la coupole du complexe  Mohamed Boudiaf d’une capacité de 10.000 places. Pourquoi proposer la coupole de 10.000 places et non le complexe olympique du 5 juillet qui peut  en contenir jusqu’à 120.000 places ? Le wali d’Alger a-t-il déjà prévu le nombre de participants qui ne pourrait dépasser d’après ses estimations, le seuil de 10.000 personnes ? Et si le nombre dépasserait 10.000 personnes, les participants auront-ils le droit de manifester dans les espaces alentours de la coupole ? Seront-ils encadrés par la police anti-émeute ou subiront-ils la répression de cette dernière ? Une fois de plus, le régime en place a démontré qu’il n’est pas prêt  d’entendre les doléances des  algériennes et des algériens dans un climat légal et pacifique.  Etant donné l’effectif de la police suréquipée qui circule à Alger, il est à se demander si le gouvernement n’est pas en mesure de contenir une marche dans les rues d’Alger selon un itinéraire tracé d’avance par les initiateurs. Cette décision du Wali d’Alger est contraire dans le fond et dans la forme au  texte de la Constitution algérienne, source de toute réglementation ;  elle n’a d’effet que pour museler d’avantage toute voix contraire à la culture politique du régime, basée sur l’autoritarisme et la répression féroce. Maintenant tout est clair pour les algériens : La liberté et la dignité ne se donnent pas, elles s’arrachent par des luttes et des combats persévérants jusqu'à faire plier les négateurs systématiques des droits des peuples.

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