L’ignorance est la mère du chaos

Publié le par B. Amar

Le Pouvoir a toutes les raisons de diminuer de l’ampleur des évènements troublants qui ont secoué l’Algérie ces derniers jours. Comme il a toutes les raisons de cadrer les revendications en ne tenant compte que de l’augmentation des prix du sucre et de l’huile de table. D’ailleurs les décisions prises à la va vite par le conseil inter ministériel n’ont  concerné que la régulation des prix de ces deux produits sensibles que sont l’huile et le sucre. Mais l’observateur le plus averti ne croirait pas un iota de ce que communique ce Pouvoir qui vient de laisser les plumes dans cette confrontation avec une jeunesse qui a ras le bol d’être menée en bateau, ou plutôt en barque de fortune. Car il est illusoire de croire qu’un saccage  d’une telle ampleur des biens publics,  et même  ceux des privés,  découle du simple fait d’une augmentation des prix des deux produits de première nécessité. Il s’agit là, bien sûr, de l’accumulation de beaucoup de facteurs néfastes, endogènes et exogènes,  qui sont arrivés à  terme pour  produire  ce résultat qui n’est autres, qu’un cuisant échec de la politique des gouvernements précédents et celui en place. Cependant, le plus inquiétant  dans ces douloureux évènements,  est que l’Etat algérien vient de montrer ses limites en abdiquant devant les maîtres de la spéculation, pour avoir fait machine arrière, quand l’application des lois votées pour éradiquer le marché informel, source de tous les maux du pays. Voilà donc maintenant des officiels  de l’Etat qui incitent les gens à entrer dans l’illégalité pour occuper des  trottoirs et commercer de manière contraire à la règlementation.

Dans le sillage de ce tintamarre, chacun a pris son camp en se positionnant en conformité avec ses intérêts étroits. Le gouvernement se défend par les moyens de bord quitte à piétiner les lois de la république. Les organes de la presse écrite sont divisés. Il y a ceux qui roulent  carrément pour le gouvernement sans gêne aucune. Il y a ceux qui attisent le feu en jetant de l’huile dessus. Et  Il y a ceux qui sont resté à l’affût au centre, ni à droite ni à gauche.  Du côté des citoyens, il y a ceux aveuglés par le nihilisme qui veulent incendier tout le pays, biens publics et privés, et faire de l’Algérie un vaste désert.  Il y a ceux qui savent profiter du climat de désordre, en se mettant immédiatement en besogne pour   piller les biens d’autrui, car conscients que les services chargés de la sécurité ne lèveront pas le petit doigt pendant la tragédie. Il y a ceux qui donnent raison aux émeutiers et ceux qui sont contre la violence. Finalement dans cette affaire c’est l’Algérie toute entière qui a perdue. Le Pouvoir demeure toujours en place par la faute des opposants qui soufflent le chaud et le froid en même temps ; la misère n’est pas prête de reculer ; l’inflation est galopante ; l’avenir de la corruption est devant elle. Quand à l’ignorance, installée depuis longtemps dans le pays, elle vient de se conforter après les incendies volontaires des établissements  publics d’enseignements qui ont été la cible des émeutiers en folie.

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